Qu’entendons-nous par monoculture ? Quelle est l’impulsion des mouvements « identitaires » ou des défenseurs d’une monoculture nationaliste qui n’envisagent pas ou ne souhaitent pas de société pluraliste, et ce, non seulement dans le contexte européen, mais global ? Pouvons-nous repérer des aspirations positives, voire émancipatrices, dans la monoculture ? Que trouve-t-on en marge de la monoculture et que ne tolère-t-elle pas ? Quelle pourrait être la position des arts dans un contexte d’idéologie monoculturelle ? Inversement, à quoi ressembleraient les arts sous une idéologie monoculturelle portée à ses conclusions logiques ?

MONOCULTURE - ARTWORKS

 wim5104 © Photo: Wim Van Eesbeek
Portraits: Chloe / James / Pig Pen ,
Photographie

La photographie de Catherine Opie des années 1990 peut être vue dans les traditions historiques de l'art de l'imagerie de la Renaissance et du baroque en Europe, plaçant souvent ses sujets au centre, avec un éclairage vif et des arrière-plans luminescents. Sa série Portraits (1993-1997) fait partie de ses œuvres les plus connues, qui dépeignent des membres de communautés queer, incluant des drag kings, des travestis et des transsexuels femme-homme, à Los Angeles et à San Francisco. Ces œuvres ont été produites à l'époque des « guerres culturelles » de la fin des années 1990 aux États-Unis, qui polarisaient la société sur des sujets clés d'importance sociopolitique, incluant le droit à l'avortement, la religion, la liberté sexuelle, la censure, les armes à feu, la propriété et la vie privée, selon des lignes idéologiques « progressistes » et « conservatrices ». Les portraits d'Opie ont donné de la visibilité à des individus et à des communautés historiquement marginalisés dans la société. Les politiques identitaires ont introduit l'esthétique et la politique dans le discours civil, et les arts visuels y ont joué un rôle de premier plan, démontrant que la culture visuelle peut être importante dans les débats sur la société et l'égalité.